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Wastetown : une caméra mélancolique sur fond de désert

Dans une décharge désertique balayée par les vents, une femme. Elle essaie de voir Ebi, son beau-frère. D’elle, on sait peu de choses. Elle s’appelle Bermani et elle est libérée de dix ans de prison pour le meurtre de son mari. En liberté conditionnelle faute de preuve de sa culpabilité, elle n’aspire qu’à retrouver son fils. Prasa, né en prison il y a dix ans, lui avait été arraché peu après son incarcération.

L’œuvre d’Ahmad Bahrami est un triptyque. Le deuxième opus, prévu pour le 6 septembre, s’intitule Terre en friche, un troisième est en attente. Si Pana (2018), le premier long métrage du cinéaste, déjà plongé dans les méandres de la société iranienne, Wastetown poursuit sur cette lancée avec un focus sur le deuil et la place des femmes.

Une histoire à huis clos qui plonge dans la psyché humaine

Centrée sur le personnage de Bermani, l’histoire à huis clos est une plongée dans la psyché humaine. Le vent claquant, les carcasses de voitures abandonnées, l’aridité des lieux, le comportement violent et machiste des hommes : tout évoque la dureté du monde.

La décharge s’apparente à un lieu commun au cinéma. Mais l’originalité ici est la dimension métaphorique du lieu. Comme un personnage, le lieu de la casse, meurtri et malmené, renvoie au personnage brisé de Bermani. Cette anti-héroïne presque muette est déterminée. Elle se confronte à des hommes qui ne voient en elle qu’un objet de désir, en noir sur blanc soulignant l’absence d’espoir.

A l’opposé de cet horizon étroit, les longues scènes dialoguées en plan-séquence, que le réalisateur considère comme « le temps de la vie », bouleversés par leur réalisme. Sublimé dans des films magistraux comme 1917, le plan séquence est ici privilégié dans les scènes à hauteur d’homme. La lenteur et le calme envahissent alors un espace marqué par la violence. Là, dans cette quiétude apparente, une réalité glaçante se déploie.

Empreint de paradoxe, l’univers de Bermani oscille entre fausse sérénité et hostilité flagrante. Wastetown exprime enfin la brutalité sourde du monde.

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