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Travail des étrangers au Cameroun : vers un échec des recettes de 14 milliards de Fcfa visées en 2023 ?

La loi de finances 2023 prévoit en son article 22, les recettes issues de l’apposition du visa sur les contrats des travailleurs de nationalité étrangère. En effet, le texte signé par le chef de l’Etat Paul Biya le 27 décembre 2022, stipule qu’ il est institué un prélèvement au titre des frais de visa de travail apposé sur les contrats des travailleurs de nationalité étrangère.

« Le prélèvement susvisé est fixé à l’équivalent de deux mois de salaire et traitement brut pour les travailleurs non africains ; d’équivalent d’un mois de salaire et de traitement brut pour tout travailleur africain, avec abattement de 50% », précise le texte.

A travers ce mécanisme, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle(Minefop) devrait engranger des recettes de l’ordre de 14 milliards de Fcfa au terme de l’année 2023. Mais à la lecture des performances actuelles, il est fort probable que cette nouvelle réforme connaisse un  échec compte tenu du faible pourcentage des travailleurs étrangers au Cameroun à y adhérer. C’est du moins, la substance des propos d’Issa Tchiroma Bakary qui présidait une énième réunion de concertation avec les acteurs concernés le 9 novembre 2023.

« La loi a été promulguée au mois de décembre, nous avons pris tout le temps pour expliquer le pourquoi et le comment de la loi. Nous sommes au mois de novembre. Sur les 60 000 étrangers qui résident au Cameroun, nous avons pour l’instant, maximum 1 000 qui ont déféré à l’obligation de la loi et de la réglementation en vigueur », s’est encore plaint le membre du gouvernement au média national.

Calculette en main, en 11 mois,  seul 1,66%(1 000) d’étrangers est en règle avec la disposition de la loi de finance contre 59 000 (98,44) non conforme. Et, on est moins sûr que l’objectif de collecte de recettes pourrait encore être atteint à moins de deux mois de la fin de l’exercice en cours. Cette situation aurait sans doute une incidence sur la formation professionnelle dans la mesure où, les fonds attendus devraient permettre de transformer (progressivement) les 288 SAR-SM (section artisanale rurale et section ménagère) en centres de formation aux métiers ultramodernes.

Cette méthode pourrait se justifier par le fait que la construction d’un CFP nécessite un peu plus de moyens financiers. « Le minimum qu’il faut investir pour disposer d’un centre de formation professionnelle se situe entre 5 et 6 milliards de Fcfa », confiait le ministre de l’Emploi à Cameroon Business Today en octobre dernier.

Indulgence

Tout compte fait, si l’on peut récriminer le grand nombre de travailleurs étrangers non identifiables sur le fichier des détenteurs des visas de contrat de travail au Cameroun, il faut tout de même admettre que le gouvernement lui-même a plus sensibilisé qu’il n’a sévi les entreprises employant les travailleurs étrangers afin qu’elles régularisent ceux-ci. En effet, c’est depuis le début de l’année que le Minefop est sur le terrain pour les mêmes causes.

Dans une interview accordée à Cameroon Tribune le 25 mai dernier, Jeanine Ngo’o Eba, directeur de la régulation de la main d’œuvre du Minefop indiquait même qu’ « à partir du mois de juin (2023, Ndlr), il y aura des expulsions effectives des lieux de service des expatriés en situation irrégulière ».

Toutefois, six mois après, on a l’impression que l’heure est encore aux avertissements. « Tout étranger de mauvaise foi, qu’il sache que sur leur tête, est suspendue l’épée de Damoclès de la loi. C’est une question de souveraineté », réitérait ITB le 9 novembre. Notons également qu’en plus de ne pas payer les taxes, nombreux sont ces étrangers qui travaillent à la place des Camerounais contribuant ainsi à l’accroissement du nombre de chômeurs.

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