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Les Turcs élisent dimanche leurs maires, un scrutin clé pour le président Recep Tayyip Erdogan, déterminé à reconquérir Istanbul, la capitale économique du pays, passée aux mains de l’opposition en 2019.

Devant les bureaux de vote d’Ankara, d’Istanbul et de Diyarbakir (sud-est), les électeurs se présentent depuis le petit matin sans excès d’enthousiasme, en ce troisième dimanche du mois du ramadan, ont constaté les correspondants de l’AFP.

« Chacun s’inquiète de son quotidien, la crise engloutit les classes moyennes », soupire Güler Kaya, 43 ans, qui dit avoir renoncé à tout loisir. « Si Erdogan l’emporte, ce sera encore pire », prédit cette Stambouliote.

« Il y a un besoin d’équilibre au moins au niveau local contre le gouvernement », juge Serhan Solak, 56 ans, un habitant d’Ankara soutenant le maire sortant d’opposition (CHP), Mansur Yavas.

Si le chef de l’Etat n’est pas candidat à ces élections locales, son ombre plane sur les urnes, où plus de 61 millions d’électeurs sont appelés à se rendre.

À 70 ans, dont vingt-et-un au pouvoir, M. Erdogan a jeté toute sa stature d’homme d’Etat dans la campagne, labourant son pays de 85 millions d’habitants aux côtés des candidats de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur).

« Cette élection marquera le début d’une nouvelle ère pour notre pays », a affirmé le président après avoir voté à Istanbul à la mi-journée.

Bataille d’Istanbul

Le chef de l’Etat, qui dispose d’un temps d’antenne illimité, s’est particulièrement investi dans la bataille d’Istanbul, dont il fut maire dans les années 90 avant de conquérir le pouvoir, pour soutenir son candidat, un ancien ministre peu charismatique, Murat Kurum.

Il s’agit de reprendre la principale ville du pays au maire sortant (CHP) Ekrem Imamoglu, qui la lui avait ravie en 2019 à l’issue d’un âpre scrutin, lui infligeant son pire revers électoral.

Les sondages créditent M. Imamoglu d’une courte avance.

« J’espère qu’Istanbul et la Turquie se réveilleront (lundi) par un beau matin de printemps », a lancé ce dernier après s’être rendu aux urnes en famille.

S’il est reconduit, l’ambitieux édile, que M. Erdogan dépeint en « maire à temps partiel » dévoré par ses ambitions nationales, marquera des points pour la présidentielle de 2028.

Pour les observateurs, la participation, traditionnellement élevée, jouera un rôle déterminant notamment à Istanbul, où une…

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