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Routes : le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi est incompétent, pense le député Jean Michel Nintcheu

Jean Michel Nintcheu, député à l’Assemblée nationale, décrit l’inertie du ministre des travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, lors d’une séance de questions orales entre parlementaires et aux membres du gouvernement.

« M. le Ministre, là où [la route passe, le développement suit].C’est une maxime universellement connue. Nul ne saurait dire le contraire. Depuis votre arrivée à la tête du département ministériel en charge des travaux publics, vous brillez par une totale inaptitude dans la gestion des routes de la cité Cameroun. Plus encore vous faites preuve d’une mauvaise planification en mettant la charrue avant les bœufs. Bref on a le sentiment que c’est le chaos dans ce département ministériel, sauf à être frappé de myopie ou de presbytie.

En novembre 2022, lors de la présentation du programme économique, financier, social et culturel pour le compte de l’exercice 2023, le Premier ministre a indiqué que pour le compte de l’exercice 2021, 810 km linéaire de routes ont été entretenues dont 378 km linéaire de routes bitumées et 432 km linéaire de routes en terre. Et que sur les 121.884 km linéaire de routes, seulement 0,6% ont été entretenus en 2022.Vos services n’ont eu de cesse de dire que l’entretien routier est parmi les parents pauvres des dotations budgétaires.

En 2022, vous avez estimé à environ 800 milliards de Fcfa les besoins financiers pour assurer un entretien routier optimal. Vous avez néanmoins trouvé 41 milliards de Fcfa pour la construction de 14 péages automatiques. Où avez-vous trouvé ces fonds ? Vous avez donc décidé de passer des postes de péage manuel aux postes de péage automatique, dites-vous, pour parer à la fraude très élevée et à la gestion contestable des péages manuels. Vous avez fait part dans cet Hémicycle d’une perte de 50% des recettes prévisionnelles attendues par an.

Ces postes de péage automatique sont justement en train de voir le jour du fait, dit-on, que les fonds ont été rapidement mobilisés pour leur réalisation. Au total,41 milliards de Fcfa pour les 14 postes de péages automatiques. Au Congo Brazzaville, sur la Nationale N°1, le poste de péage et de pesage de Makana 1 sur le tronçon Brazzaville – Kinkala a été construit en huit (08) mois par l’entreprise Ingénierie service et développement pour un coût total de 951.282.041 Fcfa, financé par le budget d’investissement public de l’État. Au Cameroun, un poste de péage automatique coûte trois fois plus cher.

En plus, si c’est la qualité des infrastructures que nous observons actuellement sur ces zones où ils se trouvent, c’est fort de café. Les retro commissions stratosphériques sont manifestement passés par là et on fait le reste. M.le ministre, Au cours de vos multiples sorties médiatiques, vous avez révélé que les travaux de construction de ces péages automatiques sont répartis en deux phases à savoir : Phase 1 : Mbankomo, Nsimalen, Nkometou, Edea, Tiko, Mbanga ; Phase 2 : Bayangam, Bafia, Manjo, Foumbot, Dschang, Bandja, Matazem. Selon le document du programme de sécurisation des recettes routières, le Cameroun compte 58 postes de péage et c’est celui d’Edea qui apporte le plus desrecettes(623 millions de Fcfa) engrangées en fin 2022 suivi du péage de Nkometou (569 millions de Fcfa) puis celui de Mbankolo (426 millions de Fcfa). Avec ce projet de péage automatique, vous espérez mieux sécuriser les recettes..

Le moins que l’on puisse dire est que ce projet a été très mal pensé.Vous avez, comme je l’ai dit à l’entame de mes propos, mis la charrue avant les bœufs. Trop de bouchons à l’entrée comme à la sortie des péages existants. Un vrai calvaire pour les usagers. À Mbanga le péage automatique est construit avant la route. Cet axe routier, en plus de ne pas être revêtue de bitume, est rempli de crevasses, de nids de poules et même de cratères à ciel ouvert.

Une piste poussiéreuse surannée. Vous parcourez pourtant le monde. Comment peut-on construire un poste de péage automatique sur une Nationale en l’occurrence la Nationale N°5 (Bekoko -Pont du Nkam – Bafang- Bandjoun) sans avoir au préalable élargi ni bitumé la route de part et d’autre de l’infrastructure sur une centaine de kilomètres ? À quoi ont servi les recettes enregistrées sur ce poste de péage classique depuis plusieurs décennies ? La mission essentielle des péages ne réside-t-elle pas dans l’entretien et la maintenance des infrastructures routières ? Faites un tour au niveau du péage de Banja …À quelques kilomètres de là, notamment au niveau de l’arrondissement de Kekem, la Nationale N°5 reliant Douala à Bafoussam (deux chefs-lieux de régions) sera bientôt coupée en deux. Comme si cela ne suffisait pas, du pont du Nkam (qui sépare la région du littoral de celle de l’ouest venant de Douala) à Bandjoun en passant par Bafang, Batiè et Baham, c’est la catastrophe totale.

Des lacs de cratères à n’en point finir.C’est tout de même curieux et surtout ahurissant de constater que la seule chose qui vous a toujours intéressé au plus haut point, c’est la collecte de l’argent de péage. Rien de plus. Que dire de la Nationale N°3 (Yaoundé- Douala – Limbe – Idinau) ? Et la Nationale N°1 (Maroua – Mokolo – Rhumsiki – Guider) dont la chaussée est totalement crevassée ? Je ne parlerai pas des 15 autres routes Nationales qui sont toutes devenues également le lit quotidien des accidents graves ou mortels. Selon la Commission économique des Nations-Unies pour l’Afrique, 16.583 accidents et 1500 décès ont été enregistrés en 2018 sur les routes au Cameroun.

Je vous fais grâce des chiffres enregistrés durant ces cinq dernières années. C’est plus la route qui tue dans notre pays. Vous avez vous-même dit dans cet Hémicycle que sur 121.581 km linéaire de routes recensées au 30 septembre 2020, seuls 37% du réseau national et régional était en bon état. On était alors en 2020.La situation s’est considérablement dégradée entre-temps. M. le Ministre, Pour relier la capitale politique (Yaoundé) à la capitale économique (Douala), le gouvernement a entrepris de construire l’autoroute Douala – Yaoundé ou plutôt… Yaoundé – Douala.

Annoncée en grande pompe, cette autoroute, longue de 198 km, avec pour objectif de relier la capitale politique à la capitale économique en passant par Edea a été initiée en 2013.À date,10 ans après, 60 km linéaire soit moins d’un tiers du tronçon est disponible à savoir l’axe reliant Yaoundé à Bibodi (62 km) qui a été ouvert à la circulation le 31 décembre 2021 après sept (07) ans de travaux. La phase 2 Bibodi-Douala long de 136 km n’est toujours pas accessible. Même la tortue aurait mieux fait en termes de vitesse.

Elle est au point mort. Un rapport de la Banque mondiale fait état de ce que le coût des travaux routiers est 2 à 6 fois plus élevé au Cameroun que dans les pays africains pratiquement de même taille et disposant du même environnement.: Cameroun (11 millions de dollars soit 7 milliards 150 milliards de Fcfa), Côte d’Ivoire (3,5 millions de dollars soit 2 milliards 275 millions de Fcfa), Maroc (3 millions de dollars soit 1 milliard neuf cent cinquante millions de Fcfa) ou le Sénégal. Qu’est-ce qui peut justifier cet écart abyssal ? Lors de l’une de vos sorties, vous essayez (sans conviction d’ailleurs) de justifier ces coûts faramineux par la nature des travaux effectués à cause du relief ! Donnez-nous le nombre de viaducs et autres tunnels prévus sur le tracé de cette autoroute !

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