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Route Ebolowa – Akom II – Kribi : déjà 200 milliards Fcfa injectés pour rien

Dans une correspondance adressée au ministre des Travaux publics (Mintp), Emmanuel Nganou Djoumessi, datée du 10 mai 2023, le ministre des marchés publics (Minmap),Ibrahim Talba Mala, marquait sa désapprobation pour l’exécution des travaux en régie sur cette route. Explicitement, le Minmap relevait que ’’au regard des instructions du chef du gouvernement, à vous répercutées par lettre N°B70/d28/Sg/Pm du 05 mai 2023 du secrétaire général des services du Premier ministre, vous demandant de convenir des modalités de reprise des travaux de maintien de la circulation sur l’axe concerné avec les entreprises Icm, le Labogenie et le groupement de Bet Dar Group/Ecta Btp, l’autorisation des travaux susvisés conduirait à un double emploi de ressources sur le même tronçon de route. Pour des raisons questionnables, le Mintp a battu en brèche ces instructions. L’ingénieur de l’Etat, va obérer les caisses de l’Etat de 200. 000. 000 Fcfa pour les travaux en régie dans ce bourbier sans fin. Lumière sur une crapulerie financière choquante.

Le chef d’Etat camerounais a signé le 04 août dernier, une série de décrets habilitant le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minat), à contracter des emprunts auprès des partenaires bilatéraux ou multilatéraux du Cameroun, en vue de la réalisation de certains projets. Au rang de ces emprunts, celui de 198.820.547 euros, soit environ 130. 417 729. 548 milliards de Fcfa, garanti par Uk Export Finance, à contracter auprès Standard Chartered Bank Londres pour le financement de la construction de la route Ebolowa-Akom II-Kribi.

Cette route capitale qui relie trois départements de la région du Sud (le Ntem, le Dja et Lobo et l’Océan) est devenue un véritable serpent de mer. Programmée à plusieurs reprises dans le budget d’investissement public, elle a fait l’objet d’une levée de boucliers des populations face aux multiples scandales de surfacturation des travaux abandonnés et non livrés par des prestataires soutenus par des pontes du système.

C’est un véritable bourbier dont les conséquences sont inestimables sur le décollage économique de la région du Sud. Il y a quelques mois, le ministre d’Etat chargé de l’Enseignement Supérieur et élite de la région, Jacques Fame Ndongo, avait été séquestré par les populations sur cette route de la honte. Ce nouveau prêt de 130. 417 729. 548 milliards de Fcfa auprès de la Standard Chartered Bank Londres, interroge autant qu’il alimente des suspicions sur la volonté de mener à terme cet investissement capital,au regard du potentiel que recèle le Port en eaux profonde de Kribi (Pak) et de la proximité avec le Gabon, La Guinée Equatoriale, le Congo Brazzaville. C’est un montant conséquent qui pèche simplement par l’opacité autour de la gestion de tous ces fonds dont la plus-value sur le quotidien des populations reste toujours attendue. Il y a peu, un prêt de 20 milliards de Fcfa a été contracté auprès des partenaires extérieurs pour le développement de la filière blé au Cameroun. On pourrait multiplier des exemples sur tous ces fonds qui alourdissent l’encours de la dette extérieure du Cameroun et passent par les fourches caudines de la prédation systémique. Les chantiers routiers sont devenus un des plus gros créneaux de scandales de détournement au Cameroun.

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