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Politique étrangère de l’Afrique du Sud : Washington se dresse entre Pretoria et Moscou

Des membres du Congrès américain demandent que les États-Unis prennent des sanctions contre l’Afrique du Sud, en raison de sa politique étrangère vis-à-vis de la Russie.

Le casse-tête se poursuit pour l’Afrique du Sud. Alors que Cyril Ramaphosa s’est envolé pour l’Ukraine, pour une « mission de paix » devenue une simple « tentative de médiation » qui ne devrait aboutir à aucune amélioration dans le conflit russo-ukrainien, le président sud-africain a d’autres soucis en tête. Actuellement en train de réfléchir à une éventuelle délocalisation du prochain sommet des BRICS, le chef de l’État a cherché, en vain, comment accueillir Vladimir Poutine sans fâcher la Cour pénale internationale.

Car Pretoria tente, depuis plusieurs mois, de rester fidèle à sa politique internationale de non-alignement. Au grand dam des États-Unis. Des élus américains viennent d’apostropher Joe Biden. Ils demandent que Washington délocalise l’African Growth and Opportunity Act (Agoa), qui doit se tenir en Afrique du Sud. Ils considèrent que conserver ce sommet à Pretoria représenterait « une approbation implicite du soutien préjudiciable de l’Afrique du Sud à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et à une éventuelle violation de la loi américaine sur les sanctions ».

Pire, les élus réclament des sanctions contre l’Afrique du Sud. Dont une exclusion de l’Agoa, qui bloquerait l’accès aux marchés américains à Pretoria. Le ton monte donc entre les États-Unis et l’Afrique du Sud. Jusqu’où ?Évidemment, il s’agit pour Washington de mettre la pression sur Pretoria. Le voyage de Ramaphosa en Ukraine n’a, semble-t-il, pas convaincu les élus du Congrès américain.

Quatre mois après que le président Afrique de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants a demandé que soit révisés les relations entre les deux pays, tout laisse penser que Washington va augmenter sa pression semaine après semaine. Au moins jusqu’au sommet des BRICS en août prochain.

Et forcément, les sanctions américaines, si sanctions il y a, toucheront d’abord le porte-monnaie de l’Afrique du Sud. Car l’Agoa est importante pour Pretoria. L’accès au marché américains se poursuivra si l’Afrique du Sud ne porte pas « atteinte à la sécurité nationale ou aux intérêts de la politique étrangère des États-Unis », écrivent les élus.

Le risque de sanctions n’est pas anodin, pour une Afrique du Sud en difficultés financières. Le ministère américain du Commerce estime à 2,7 milliards de dollars le montant des exportations de marchandises en 2021. Exclure l’Afrique du Sud de l’Agoa serait donc une véritable menace pour Pretoria. Ramaphosa réussira-t-il à tenir tête à Joe Biden ? Réponse dans les semaines à venir.

Le Journal de l’Afrique

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