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Paul Biya s’oppose à la privatisation de Camtel

Le président camerounais, Paul Biya, s’est opposé à la privatisation de l’opérateur historique des télécommunications, Cameroon Telecommunications (Camtel), selon une lettre récente du secrétaire général de la présidence de la République (SGPR) adressée au ministre des Finances. Cette opposition intervient après des discussions sur la restructuration de l’entreprise.

Le courrier du SGPR a instruit le ministre des Finances de suspendre tout projet de privatisation de Camtel, alors que des discussions étaient en cours pour transformer l’entreprise en une holding regroupant trois entités distinctes. Cette initiative avait été évoquée par le ministre lors de sa présentation devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale.

Dans le rapport de la commission, le ministre avait souligné les défis de compétitivité de Camtel par rapport à d’autres acteurs du secteur des télécoms. Il avait proposé une restructuration en trois entités distinctes pour renforcer l’autonomie de chaque secteur et alléger les effectifs et la dette considérables de l’entreprise.

Cependant, des sources proches du dossier soulignent que lors des réunions ministérielles sur la situation de Camtel, la privatisation n’était pas envisagée. Les propositions clés visaient à renforcer l’autonomie des différentes unités opérationnelles, réduire les effectifs (actuellement à 4000 employés) et alléger la dette colossale de l’entreprise, évaluée à 600 milliards de FCFA.

Depuis 2020, Camtel dispose de trois licences pour différentes activités dans le domaine des télécommunications. Ces licences suggèrent la création de trois entités, ce qui avait été mentionné par le ministre lors de son intervention à l’Assemblée nationale.

La lettre présidentielle intervient alors que la Banque mondiale avait également recommandé des changements dans la structure de Camtel. En 2017, elle avait proposé au gouvernement de mettre fin aux monopoles dans des secteurs clés de l’économie, dont Camtel, pour favoriser une concurrence équitable et stimuler la croissance économique.

L’institution avait suggéré une transformation de Camtel en une holding, composée d’une filiale gérant les infrastructures télécoms contrôlée par l’État, et d’une autre filiale dédiée aux services mobiles, ouverte aux investisseurs privés.

L’opposition présidentielle à la privatisation de Camtel met en lumière les débats en cours autour de la structure et de l’orientation future de l’entreprise dans le contexte des recommandations de la Banque mondiale et des défis de compétitivité du secteur des télécommunications au Cameroun.

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