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Jean-Pierre Amougou Belinga : un homme d’affaires actif même derrière les barreaux

Jean-Pierre Amougou Belinga, homme d'affaire camerounais accusé du meurtre du journaliste Martinez Zogo

Selon les révélations du journal Jeune Afrique, Jean-Pierre Amougou Belinga est et demeure un homme d’affaires actif même derrière les barreaux à la prison principale de Yaoundé Kondengui au Cameroun.

Incarcéré à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé, depuis sept mois pour « complicité de torture » dans le meurtre du journaliste Martinez Zogo, Jean-Pierre Amougou Belinga, homme d’affaires influent, gère ses affaires à distance malgré les contraintes carcérales.

Bénéficiant d’un traitement de faveur, il utilise la salle des avocats tous les matins, y recevant sa famille, ses avocats et ses collaborateurs. Il garde ostensiblement son téléphone, ce qui lui permet de superviser ses entreprises, notamment la chaîne de télévision Vision 4.

Bien que son groupe médiatique soit actif, l’enquête sur son implication présumée dans le meurtre se poursuit. Son influence persiste malgré les défis juridiques auxquels il est confronté.

Lire ci-dessous l’intégralité des écrits de Jeune Afrique :

Jean-Pierre Amougou Belinga : dans le quotidien d’un prisonnier très VIP

Inculpé pour « complicité de torture » et incarcéré à la prison principale de Yaoundé, ce détenu pas comme les autres continue de gérer ses affaires à distance.

Incarcéré depuis sept mois dans une cellule individuelle spécialement aménagée de la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé, Jean-Pierre Amougou Belinga bénéficie d’un traitement de faveur. Aussi influent que controversé, l’homme d’affaires est en effet un détenu particulier. Tous les matins, il prend ainsi possession de la salle des avocats, un local aménagé pour permettre aux prisonniers de communiquer avec leurs conseils. Le patron du groupe L’Anecdote arrive généralement à partir de 10 heures.

Accroché à son téléphone

L’administration pénitentiaire veille à ne pas confronter ce proche du ministre de la Justice, Laurent Esso, à la promiscuité que subissent les autres pensionnaires. C’est pourquoi personne d’autre n’a accès à la salle des avocats jusqu’à 14 h 30 au moins, à la fin des audiences de Jean-Pierre Amougou Belinga. Car celui-ci reçoit beaucoup. Les membres de sa famille, d’abord, qui lui apportent son repas du jour, transporté dans des sacs isothermes Uber Eats. Mais aussi ses avocats, avec qui il discute de ses multiples demandes de mise en liberté provisoire, tout en préparant les auditions devant le juge d’instruction. Il a en effet été inculpé, le 4 mars dernier, pour « complicité de torture », étant soupçonné d’être impliqué dans le meurtre du journaliste Martinez Zogo, en janvier dernier.

Enfin, il s’entretient avec ses collaborateurs, venus chercher des instructions. Quand celles-ci sont moins confidentielles, un appel suffit à Jean-Pierre Amougou Belinga, qui continue de gérer ses affaires à distance. Alors que des fouilles régulières aboutissent à la confiscation des téléphones portables, lui garde ostensiblement le sien. Il passe donc de nombreux coup de fil, spécialement à Bruno Bidjang, le directeur général de la chaine Vision 4. Il s’appuie sur ce fidèle parmi les fidèles – un temps arrêté et interrogé avant d’être mis hors de cause – pour veiller sur ses entreprises.

Conseils et instructions

Contrairement aux prévisions de ses ennemis, l’arrestation du fondateur de L’Anecdote n’a pas entraîné la désagrégation du groupe. La chaîne de télévision Vision 4 ne s’est jamais aussi bien portée que ces derniers mois, les audiences étant en hausse et sa régie gagnant de l’argent. Reste que TéléSud, une entité indépendante du groupe, a été placée en liquidation judiciaire et a amorcé sa fermeture. De sa cellule, Jean-Pierre Amougou Belinga conseille donc Bruno Bidjang, à qui il apprend à naviguer dans les eaux troubles des sphères médiatiques de la capitale. Il passe aussi en revue la liste des invités aux débats de grande écoute et décide de qui aura accès au plateau ou non.

En mai dernier, lorsqu’un mur de la prison s’est effondré, c’est lui qui a signalé le sinistre au régisseur de la prison, laquelle a été immédiatement bouclée. Alors que ses codétenus ont été privés de visite pendant les jours qui ont suivi, Jean-Pierre Amougou Belinga a reçu ses visiteurs comme s’il ne s’était rien passé. Si la prison ne lui est donc pas si difficile à supporter, il a cependant des raisons de s’inquiéter. En effet, tandis que la cour d’appel du Centre a rejeté sa demande de mise en liberté provisoire, l’enquête du juge d’instruction Florent Sikati se poursuit, sous la pression de l’opinion publique.

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