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Inégalités salariales au Cameroun : les avantages accordés à l’armée et à la police alimentent le débat

Le président de la République du Cameroun a annoncé hier une nouvelle grille salariale pour le personnel dont les salaires sont pris en charge par le budget de l’État. Toutefois, cette initiative a mis en évidence des disparités significatives entre les traitements salariaux, en particulier entre les militaires et les policiers, créant ainsi un fossé important entre les différents corps de métier classés dans le même indice salarial. Cette situation soulève des préoccupations quant à l’équité et à la justice salariales au sein de la fonction publique camerounaise.

À partir de la fin du mois de mars, les employés bénéficieront d’une augmentation de 5 % sur leur salaire de base, une mesure mise en place par le gouvernement pour atténuer les charges après la récente hausse des prix des produits pétroliers. Cependant, la publication de la nouvelle grille salariale a révélé des écarts importants entre les salaires des personnels civils et ceux des forces de l’ordre.

Selon le tableau publié par le président, les salaires des militaires et des policiers sont nettement plus élevés que ceux des fonctionnaires civils du même indice. Par exemple, un fonctionnaire civil et un magistrat de l’indice de solde 1400 ont un salaire de base de 373 000 FCFA, tandis qu’un fonctionnaire de police ou un militaire de la même catégorie touche 598 000 FCFA, soit une différence de 225 000 FCFA.

Cette disparité salariale importante suscite des interrogations au sein de la société camerounaise. Certains observateurs estiment que cette politique salariale privilégiée envers l’armée et la police renforce la fidélité de ces institutions envers le chef de l’État.

Un politologue explique : « C’est la marque déposée de toutes les oligarchies. Il y va des mécanismes d’accaparement du pouvoir. Pour avoir une armée et une police fidèles, il leur faut un traitement privilégié. C’est d’ailleurs ce que font la plupart des régimes dans les démocraties fragiles. »

Cette approche soulève des questions plus larges sur les priorités du gouvernement. Certains estiment que cette stratégie pourrait refléter la volonté du président Paul Biya de maintenir le pouvoir plutôt que de construire un pays avec des citoyens bien formés et en bonne santé. Les inégalités salariales apparentes entre les professionnels qualifiés, tels que les médecins et les enseignants, et d’autres catégories moins qualifiées soulèvent des questions sur l’équité et la juste rémunération des travailleurs.

En fin de compte, la question des avantages salariaux accordés à l’armée et à la police devient un sujet de débat crucial au Cameroun, mettant en lumière des inégalités qui ne se limitent pas seulement à la sphère financière, mais qui ont également des implications sur le rôle de ces institutions dans la société.

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