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Gouvernance universitaire : le nouveau cadre annoncé fait des vagues

Le gouvernement a déposé, le 9 juin dernier, à l’Assemblée nationale un projet de loi visant à réformer et moderniser la gouvernance universitaire au Cameroun. Mais déjà des voix s’élèvent pour que ce texte soit retouché avant publication.

Dans le but de réformer et moderniser la gouvernance universitaire au Cameroun, un projet de loi portant orientation de l’enseignement supérieur a déposé, en même temps que cinq autres, vendredi 9 juin 2023 à l’Assemblée nationale. Le gouvernement part du constat de l’obsolescence de la loi du 16 avril 2001 en vigueur, désormais en déphasage avec les évolutions mondiales et les différentes mutations ayant marqué l’Université dans le monde.

En effet, soutient le gouvernement, l’enseignement supérieur au Cameroun est confronté aux difficultés telles que l’accroissement exponentiel, entre 2001 et 2023, des effectifs du personnel enseignant (2 187 à 6 198), du personnel non enseignant (2 428 à 2 973), des étudiants (71 091 à 404 475), ainsi que du nombre des universités d’Etat (six à 11), en plus de l’Université inter-Etats, et des institutions privées d’enseignement supérieur (Ipes).

Il faut y ajouter l’aggravation des charges dans un contexte budgétaire contraignant, l’inadéquation apparente entre les offres de formation et les besoins des milieux socio-professionnels, une gestion chaotique de la succession des promoteurs des Ipes et le décalage entre les modules de formation et d’évaluation actuels et ceux du système licence, master, doctorat (Lmd), prévus par les directives communautaires.

C’est dans ce cadre que le nouveau cadre annoncé vise à résoudre ces problèmes et apporte les innovations ci-après : la facilitation de l’accès à l’enseignement supérieur ; la prise en compte de la flexibilité qu’offre le système Lmd en matière d’organisation des formations et des évaluations ; une meilleure organisation des institutions d’enseignement supérieur publiques et privées, ainsi qu’un meilleur encadrement de leurs activités ; le renforcement des garanties et des protections accordées aux enseignants, etc.

« À bien des égards, cette nouvelle législation permettrait non seulement à notre pays de se conformer aux standards internationaux et sous régionaux en matière d’enseignement supérieur; mais en plus, de tirer un plus grand profit des opportunités d’échange et de coopération avec les institutions étrangères, toutes choses qui participeraient inévitablement au rayonnement de notre système éducatif », justifie le texte.

Amendements

Le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), par exemple souhaite que le projet de loi portant «orientation de l’enseignement supérieur au Cameroun)) soit retouché avant son adoption.À cet effet, le Pcrn a proposé 31 amendements.

« Le présent projet de loi précise en son article 23 alinéa I, que l’obtention du diplôme de doctorat s’obtient au bout de 16 semestres minimum de formation. Les facultés de médecine et de pharmacie délivrent à l’heure actuelle des diplômes de doctorat au bout de 14 semestres de formations. L’occasion est idoine de faire passer ces formations à une durée de 8 années pour s’arrimer au système Lmd », suggère ce parti d’opposition.

Pour défendre cette idée, la formation politique rappelle que le gouvernement a bien mentionné que l’une des raisons de cette réforme était d’harmoniser les modules de formation et d’évaluation de l’actuelle loi, qui date de 1993, avec le principe dicté par le système licence, master, doctorat (Lmd) prévu par des directives communautaires.

« Il manque à ce projet de loi, l’orientation de l’enseignement supérieur dans le contenu. Que doit-on mettre dans la formation au niveau de l’enseignement supérieur ? Je propose de réactualiser l’objectif général de l’éducation nationale contenu dans la loi n°98/004 du 14 avril 1998 et d’assigner à l’enseignement supérieur la mission d’enracinement culturel et de transformation de l’environnement local. En l’état, nous formons des citoyens sans repères et sans attachement au pays », suggère le Dr Louis-Marie Kakdeu de l’université de Maroua qui propose que l’État ne se limite pas aux changements cosmétiques et conserve un système qui ne marche pas conformément aux termes de l’exposé des motifs.

Arsène Ndzana | L’Indépendant

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