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Entre transports en commun et embouteillages, les villes africaines ont-elles le choix ?

Alstom préconise aux gouvernants africains, dans un rapport, de développer le rail urbain. Le métro permet de faire des économies et est beaucoup plus écologique.

Dans de nombreuses villes africaines, difficile de mettre en pratique l’adage « Métro, boulot, dodo ». En effet, de Tunis à Abidjan, en passant par Lomé ou Kampala, les citoyens passent le plus clair de leur temps, matin et soir, dans les embouteillages. La faute, notamment, à un manque criant d’infrastructures et de transports en commun efficaces. Or, le rail urbain pourrait être la solution idéale, selon Alstom. La multinationale française spécialisée dans le secteur des transports vient de publier un rapport qui montre que les métros, tramways et trains urbains pourraient être très avantageux.

On ne le sait pas vraiment, mais les embouteillages ont un coût, notamment en termes de carburant inutilement gaspillé. Sans oublier du coût des émissions de gaz pour l’environnement. Selon la Banque africaine de développement (BAD), le coût de la congestion serait de 19 milliards de dollars par an rien qu’à Lagos. Et de 8 milliards de dollars pour l’Égypte, selon Alstom. La Banque mondiale, quant à elle, estime le coût de la congestion en Tunisie à 2 % du PIB national. Les embouteillages pourraient coûter, en tout, au continent africain… 488 milliards de dollars en 2030.

29 millions de voitures en moins chaque jour ?

L’entreprise française l’assure : « Un investissement plus important dans le rail urbain apporterait des avantages sociaux et économiques équivalents, permettant le développement de villes plus sûres, plus saines et plus inclusives. Porter la part modale du rail à 20 % d’ici à 2050, c’est 29 millions de voitures en moins sur les routes africaines chaque jour, ce qui entraînerait une baisse significative des embouteillages, des accidents de la route et de la pollution de l’air ». De plus, selon Alstom, 258 emplois peuvent être créés par kilomètre de nouveau rail construit.

Si, forcément, Alstom milite pour plus de kilomètres de rail, la multinationale s’appuie sur un constat important : « La population africaine est en forte croissance et le taux d’urbanisation du continent est le plus élevé du monde ». En effet, « la population urbaine passera de 600 millions en 2021 à plus de 1,3 milliard en 2050 ». Et pour Alstom, « l’un des principaux défis consiste à faire en sorte que cette croissance se fasse en ligne avec l’objectif de développement durable numéro 11 des Nations unies : rendre les villes inclusives, sûres, résilientes et durables ».

L’Égypte à la pointe ?

Rentable et écolo, donc, le rail urbain serait la solution. Mais pourquoi les villes africaines tardent tant à s’y mettre ? À l’occasion de la COP27, Alstom rappelle que l’Égypte a été le premier d’Afrique à ouvrir une ligne de métro en 1987. Un pays qui compte aujourd’hui « trois lignes de métro opérationnelles, deux lignes de métro à venir et deux lignes de monorail en construction ». De quoi permettre une réduction de près de 600 000 voitures par jour, des embouteillages et des émissions de carbone.

Reste que pour développer le rail urbain, il faut une véritable volonté politique. De ce côté-là, certains pays ne semblent pas encore prêts à développer leurs transports en commun. La Banque mondiale rappelait, il y a peu, que, pour la Tunisie, pas moins de six ministères —Transport, Équipement et Habitat, Énergie, Finances, Collectivités Locales, Investissement et Coopération Internationale — étaient « concernés à des titres divers par les transports urbains ». Une désorganisation qui ne permet pas « aux usagers une qualité de service satisfaisante ».

Inciter les dirigeants à opter pour le rail

Alors, si le rail urbain doit permettre de faire des économies, comment faire comprendre aux dirigeants qu’ils ont tout à y gager ? « Le rail urbain est plus abordable que la voiture et les autres moyens de transports privés non-officiels, qui permettra aux passagers de se rendre plus facilement sur leur lieu de travail et d’accéder aux services essentiels comme l’éducation et la santé », indique Alstom. Pour les usagers, ce serait une solution très économique : les ménages tunisiens, par exemple, consacrent près de 10 % de leur budget aux transports.

« Au regard des effets positifs du déploiement du rail dans les villes africaines, Alstom recommande aux gouvernements d’inclure la mobilité ferroviaire urbaine dans leurs politiques de développement locales et nationales afin de permettre une planification à long terme et de garantir des investissements plus importants », indique le rapport de la multinationale française.

Le Journal de l’Afrique

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