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Electricité : Eneo sollicite une aide financière de l’État face aux coûts liés à la mobilisation des centrales thermiques

La crise énergétique persistante au Cameroun prend une nouvelle tournure avec la récente annonce d’une hausse des tarifs de transport par Eneo, le concessionnaire du service public de l’électricité. La compagnie d’électricité a répondu aux instructions du ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, en mobilisant les centrales thermiques pour atténuer les délestages. Cependant, Eneo a souligné que le fonctionnement intensif de ces centrales entraîne des surcoûts qu’elle ne peut supporter seule.

Dans une lettre adressée au ministre le 14 février 2024, Eneo explique que la mobilisation des centrales thermiques générera des surcoûts estimés à 10 milliards de FCFA pour le mois de février 2024 et 8 milliards de FCFA pour le mois de mars 2024. Face à ces coûts, la compagnie sollicite le concours financier de l’État, conformément aux dispositions d’un accord de soutien gouvernemental signé en 2018.

Les nouveaux tarifs de transport annoncés par Eneo sont de 350 F pour le ramassage de jour et 400 F pour le ramassage de nuit, représentant une augmentation de 50 F par rapport aux tarifs antérieurs. Cette mesure vise à compenser la hausse des prix à la pompe de 15% depuis le 3 février 2024.

Par ailleurs, la responsabilité d’Eneo ne saurait, selon la compagnie, être engagée ni sur les origines ni sur les conséquences des délestages actuels. Eneo rappelle que la principale cause de ces perturbations réside dans le retard pris pour l’injection dans le réseau des premiers mégawatts du barrage de Nachtigal et l’étiage sur le fleuve Ntem, qui alimente le barrage de Memvé’élé.

La mise en service des 60 premiers mégawatts du barrage de Nachtigal est attendue le 24 février 2024, offrant une production supplémentaire en attendant la disponibilité totale de 420 MW en septembre 2024. Cependant, la centrale de Memvé’élé, avec une capacité de 211 MW, ne parvient pas à fonctionner à plein régime en raison de l’étiage sur le fleuve Ntem. La construction d’un barrage-réservoir est envisagée pour atténuer les variations d’hydrologie du fleuve Ntem.

Cette situation soulève des questions sur les choix énergétiques du gouvernement, notamment la construction d’une centrale hydroélectrique sur le Ntem malgré son débit plus bas par rapport à la Sanaga, qui abrite une grande partie du potentiel hydroélectrique du pays. La crise énergétique actuelle met en lumière les défis auxquels le Cameroun est confronté dans la gestion de son secteur énergétique et la nécessité d’explorer des solutions durables pour assurer une fourniture d’énergie stable et fiable.

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