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Crise électrique au Cameroun : Globeleq en péril, la priorité à l’hydroélectricité

La crise énergétique frappe de plein fouet le Cameroun alors que l’opérateur Globeleq, gestionnaire des centrales de Kribi et de Dibamba, subit des revers majeurs en raison d’importants impayés de la part de son client, Eneo, atteignant un montant astronomique de 107,7 milliards de francs CFA. Cette situation a provoqué un nouvel arrêt de production, accentuant les rationnements drastiques d’électricité dans le réseau interconnecté sud (RIS), affectant les régions centrales, littorales et occidentales du pays.

La demande de redémarrage des groupes de production par l’opérateur britannique, estimée à 8,2 milliards de francs CFA pour la dette du seul mois de novembre, n’a pas encore été satisfaite par Eneo. Ces coupures rotatives, avec une durée moyenne de six heures, témoignent de l’impasse actuelle, tandis que le producteur indépendant maintient une position ferme, exigeant le paiement de ses arriérés.

Ce conflit semble également influencé par le timing. Le démarrage imminent du barrage hydroélectrique de Nachtigal, prévu pour ce mois-ci, et sa capacité de production de 60 MW dès sa première phase, préfigurent une transition majeure dans le paysage énergétique. À terme, la centrale pourra injecter 420 MW dans le système électrique d’ici septembre 2024.

Cette situation met Globeleq dans une position précaire. Alors que l’État possède 44% de ses parts, l’entreprise risque de perdre son levier de pression si ses factures ne sont pas réglées avant l’activation de Nachtigal. La préférence accordée à l’énergie hydroélectrique, réputée moins coûteuse que la production thermique de Globeleq, met en péril ses intérêts dans un pays où les remboursements de dettes publiques sont souvent retardés.

En cas de litige, l’hydroélectricité (Nachtigal) sera priorisée au détriment des centrales thermiques (Kribi et Dibamba), accentuant la menace sur les actifs de Globeleq en tant que sources alternatives d’énergie. Cette situation délicate soulève des enjeux considérables pour l’opérateur britannique, qui risque de perdre son influence face à un État souvent lent dans ses remboursements.

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