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Comment le directeur de cabinet de l’Assemblée nationale, Boukar Abderahim, a été limogé

Boukar Abdourahim

Quand il est dans son village à Mada, Cavaye YEGUIE DJIBRIL est accompagné de sa famille mais également de son directeur de cabinet BOUKAR ABDERAHIM et son SP. Sauf que le président de l’Assemblée nationale a reçu instruction du chef de l’Etat de limoger son directeur de Cabinet.

L’instruction a été communiquée d’abord à Baoro Theophile, un des vice-présidents de l’Assemblee nationale qui dirige également le comité d’audit mis en place pour éplucher les dépenses de l’Assemblee nationale de ces derniers mois. Le DIRCaB et le SP, informés, font tout pour que Baoro Theophile ne puisse placer le moindre mot à propos en présence de Cavaye Yeguie.

En octobre, au village, il l’éconduira lui et les questeurs venus le rencontrer. Quelques jours plus tard, à Yaoundé, il ne daignera non plus les recevoir… Ngoh Ngoh, à qui le dossier est confié à la Présidence et qui est conseillé par l’ancien SG de l’Assemblée, Gaston Komba, va dépêcher cette fois le SG par intérim de l’Assemblee nationale, le magistrat Daouda, autre proche du DIRCaB avec qui il a fait des manigances portant sur des centaines de millions. Discrètement rendu à Mada, c’est lui qui va communiquer au PAN les exigences du Palais : à savoir le limogeage de son DIRCaB et de son SP. Mieux, l’Assemblée étant exsangue, il lui dira que cette décision conditionne la rallonge qu’il a sollicitée auprès de la Présidence de la République pour achever l’année.

Cavaye, en vieux singe à qui on apprend plus à faire des grimaces, sait que son entourage est miné. Il ne peut même pas faire confiance à son secrétaire particulier qui est certes son petit-fils, mais en réalité l’ancien SP de BOUKAR ABDERAHIM qu’il a détaché auprès du PAN pour mieux le contrôler. C’est lui qui tient par dévers lui tous les cachets du PAN dont il abuse et en abuse à sa guise. Il lui arrive très souvent de fabriquer de vrai-faux actes de nominations pour mieux arnaquer ses victimes, cadres et hauts cadres de l’Assemblée. Quant aux recrutements…

Quand Cavaye rentre sur Yaoundé, le jeudi 9 novembre 2023 à bord d’un vol CAMAIR CO – CTC 233505520- partant de Maroua pour l’aéroport de Yaoundé- il remet discrètement un pli fermé à une députée sans que BOUKAR ABDERAHIM qui le marque constamment à la culotte ne s’en aperçoive. Le pli est destiné à la CRTV.

Le DIRCaB qui ne se doute donc de rien apprend brusquement par la radio, son limogeage ainsi que celui de son fidèle SP, BOUKAR. Les deux entrent en transe. Ils n’y croient pas tout simplement parce qu’ils ne sont pas au courant. Le duo détient tous les cachets du président de l’Assemblée Nationale.

D’où sortent les nouveaux cachets ? Ils pensent à de faux arrêtés. Fort de leur expérience, ils fabriquent alors un arrêté « signé »par Cavaye YEGUIE DJibril annulant leurs limogeages, puis ils rédigent un communiqué qui porte la signature du président de l’Assemblee nationale pour informer le Grand public qu’ils espèrent faire lire par la CRTV. Échec et mat.

Dos au mur, le DIRCaB fonce à la résidence du président de l’Assemblée nationale où se trouve également son bureau. Là bas, une personne l’attend de pieds fermes, sourire aux lèvres : FADIMATOU CAVAYE, l’épouse du PAN qui avait juré d’avoir sa tête. Fadimatou a donné des instructions fermes: « BOUKAR N’ENTRE PLUS CHEZ MOI». Mais avant, elle a envoyé son mari au lit dès 19h30. Cavaye est désormais invisible.

La sécurité qui lui obéissait hier au doigt et à l’œil informe le DIRCaB qu’il ne peut plus entrer, lui qui avait même demandé que des députés n’accèdent plus au cabinet du PAN.

C’est alors que l’irréparable se produit : il dégaine une arme de poing. Les esprits s’échauffent, des renforts arrivent. Il lui sera fermement demandé de déguerpir les lieux en attendant certainement de connaître la suite de ses déboires, certainement du côté de la justice.

Rappelons que l’audit de l’équipe conduite par Baoro parle d’un trou de plusieurs milliards de FCFA qui lui est en grande partie imputable.

Depuis ce matin, BOUKAR redécouvre ce qu’est vivre sans le pouvoir. Le ministre Yaouba Abdoulaye, son acolyte de tous les coups tordus, avec il s’était partagés tous les pouvoirs du PAN, lui à l’Assemblée nationale et Yaouba à la délégation régionale du Rdpc pour l’Extreme-Nord, ne le prend plus au téléphone.

Yaouba Abdoulaye pleure assurément, en silence, la chute de son ami. Il sait qu’il en paiera lui-même le prix politique. En complicité avec le DIRCaB, et fort du contrôle sur les « cachets », le Ministre se cachait en effet derrière des « instructions » de Cavaye pour prendre des initiatives politiques en son nom. Sans le contrôle sur les cachets du PAN, c’est la descente aux enfers pour Yaouba Abdoulaye qui se rêvait en petit manitou de la scène politique de l’Extrême-Nord.

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