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Comment est né le Social Democratic Front ?

Le 26 mai 1990, naissait sous le coup d’une marche historique enlisée dans une violence policière, qui avait laissé sur le carreau six morts et de nombreux blessés, le Social democratic front (Sdf).

Au départ, ils sont douze acteurs qui constituent le Study group 89 avant la fondation du Social democratic front (Sdf) le 26 mai 1990 : Ni John Fru Ndi, libraire à Bamenda ; Dr Siga Asanga, enseignant de Littérature à l’Université de Yaoundé, Nyo Wakaï, magistrat hors hiérarchie et ancien conseiller à la cour suprême ; Vincent Feko, inspecteur des impôts à Douala ; Clément Gwasiri, enseignant de Droit à l’Université de Yaoundé ; Albert Mukong, habitué de la contestation et des prisons politiques ; Carlson Anyangwe, enseignant de Droit à l’Université de Yaoundé ; James Mba Akhu Banga, homme d’affaires à Yaoundé ; Aloysius Tebo, homme d’affaires à Yaoundé ; Alfred Azefor, enseignant à l’Ecole normale supérieure, annexe de Bambili ; Gemyh Akuchu et Tah Zacharias (qui quittera le groupe) et Thomas Akumbo.

Ces douze personnes se retrouvent, pour la première fois, le 11 novembre 1989 dans les locaux de la Presbyterian church center de Bamenda. Mais qui convoque donc la réunion ? Selon certaines sources concordantes, c’est Albert Mukong. D’autres font savoir que l’initiative est venue de Ni John Fru Ndi, un laïc très engagé dans les activités de cette paroisse et, par ailleurs, ami du révérend pasteur Gana, leur hôte du 11 novembre 1989.

Mais Albert Mukong et Vincent Feko sont, parallèlement, membres d’un autre groupe qui, à Douala, travaille au lancement d’un autre parti. Constitué de Yondo Black Madengue, Henriette Ekwe, Anicet Ekane, Kwa Moutome et Charles René Djon Djon, ce groupe n’entretient aucun rapport formel avec le Study group 89. Mais l’arrestation de Yondo Black et ses camarades, en février 1990 a participé à encourager les membres du Study group à théoriser un mouvement de protestation.

En effet, ils se réunissaient au départ pour élaborer un mémorandum à adresser aux Nations unies sur la question anglophone. Le 17 février 1990, le Study group renonce à son projet de rédaction d’un mémorandum et prend la résolution de lancer plutôt un parti politique. Ce sera chose faite le 26 mai 1990 à 14h.

26 mai 1990 : une date historique

Le 26 mai 1990, naissait sous le coup d’une marche historique enlisée dans une violence policière, qui avait laissé sur le carreau six morts et de nombreux blessés. Ni John Fru Ndi, le leader, qui venait de perdre les primaires au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) en 1988, eut l’idée de regrouper des personnalités proches de lui et de mettre sur pied le Social democratic front (Sdf). Sur ces entrefaites, l’information doit circuler de bouche à oreille dans toute la ville de Bamenda. Des marches de lancement seront programmées.

De nombreux Camerounais partiront des régions camerounaises pour y prendre part. Les autorités locales, à l’époque, ont, illico presto, compris que l’ère du monopartisme était révolue et qu’il est impératif de passer à la phase du retour au multipartisme ou du pluralisme politique. Ainsi fallait-il prendre toutes les dispositions nécessaires pour contrecarrer cette manifestation politique que le Sdf qualifie, depuis lors, d’historique.

Le 26 mai 1990, la marche dite historique débute à Bamenda, capitale régionale du Nord-Ouest. La Commercial avenue sera obstruée par les patrouilles mixtes formées des éléments de la compagnie de gendarmerie de la ville et de la 223ème compagnie de combat des forces armées.

Entre-temps, les manifestants s’étaient rendus compte que les hommes en tenue portaient des armes non chargées, les munitions des hommes de troupe se trouvant dans les camions stationnés en retrait de la scène. Alors, « les assaillants avaient-ils tenté de s’emparer de l’arme d’un militaire ? » « Oui », affirme un témoin de la scène ayant requis l’anonymat.

« Le lieutenant s’est couché à même le sol pour protéger son arme sous la pression de la foule excitée et ulcérée. Il aura, par la suite, la clavicule brisée à la suite d’une pierre reçue à l’épaule », poursuit la même source. « Voyant, sans doute, le lieutenant en danger, un caporal de la 223ème compagnie de combat prendra sur lui de casser les caisses de munitions laissées dans les voitures et de les distribuer à ses camarades ».

Les affrontements qui, selon ce témoin, durent moins de quinze minutes, laissent sur le carreau six personnes que l’on a tôt fait de nommer, sur le champ, les « six martyrs de la liberté ». Ils sont cinq hommes et une femme: Juliette Sikot , Fidelis Chosi, Edwin Nfon, Mathias Tifuh, Christopher Asanji et Evaristus Toje.

Session des libertés Tous sont tombés le 26 mai 1990 à Bamenda. Dans la soirée, un communiqué officiel est signé de Henri Bandolo, alors ministre de l’Information et de la Culture, et lu sur les antennes du poste national de la Crtv (Cameroon radio and television). Dans cette note informative, le membre du gouvernement de l’époque fait bien état de six morts, mais des morts piétinés dans la bousculade.

Soit! Quelques mois plus tard, l’Assemblée nationale du Cameroun se réunit au cours d’une session baptisée « Session des libertés ». Des textes de lois sont adoptés au rang desquels celui portant liberté d’association et de création des partis politiques au Cameroun. Toute chose que le peuple appelle « Lois de 1990 ».

Le multipartisme est alors réinstauré 43 ans après avoir été supprimé. C’est ainsi que l’Etat du Cameroun a adopté et consacré officiellement les libertés individuelles et collectives : libertés d’opinion, de pensée, d’expression, de création et d’association. D’ou la naissance, quelques jours plus tard, non seulement de la bourrasque des associations à caractères communautaire, politique, religieux, sportif, culturel et économique, mais aussi et surtout des mass médias et, aujourd’hui, des techno médias.

Le Messager

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