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Cameroun : la Csph face au défi des subventions du gaz domestique

La 52e session ordinaire du Conseil d’administration de la Caisse de stabilisation des prix des Hydrocarbures (Csph) tenue le 13 décembre à Yaoundé a principalement porté sur l’examen du budget 2024, lequel présente une baisse notable par rapport à l’année précédente, s’établissant à 76 milliards de Fcfa. Cependant, cette rencontre a mis en lumière un défi majeur pour la Csph : la gestion des subventions accordées au gaz domestique.

Lors de cette réunion, il est apparu que la Csph a dépensé plus de 32 milliards de Fcfa pour soutenir le prix du gaz domestique au bénéfice des populations jusqu’à fin septembre 2023. Contrairement aux autres produits pétroliers subventionnés par le budget de l’État, la Csph couvre la différence entre le prix réel du gaz domestique et le prix de vente, soit environ 2 106 Fcfa par bouteille de 12,5 Kg.

Cependant, la conjoncture internationale marquée par le maintien des cours élevés du pétrole et du gaz naturel met à l’épreuve les finances de l’entreprise. En 2022, la Csph a supporté une subvention de 75 milliards de Fcfa sur le gaz domestique, contre 24 milliards en 2021, et seulement 32,6 milliards en 2017. Cette augmentation considérable en cinq ans soulève des préoccupations quant à la viabilité financière de l’entreprise.

Les conséquences de la hausse des cours des produits pétroliers internationaux, ainsi que l’incendie de la raffinerie nationale (Sonara) ayant contraint le pays à s’approvisionner exclusivement par des importations, ont significativement alourdi les charges de la Csph. Bien que des appels d’offres pour le ravitaillement du pays en gaz domestique aient été lancés pour réduire le soutien à sa consommation, la subvention continue d’augmenter, générant des pertes pour la Csph.

Le rapport 2021 de la CTR prévoyait déjà une réduction des réserves de la Csph, entraînant une possible hausse du poste « péréquation transport » dans la structure des prix des produits pétroliers, ce qui impacterait les finances du ministère des Finances.

La Csph, pilier de la régulation des prix des produits pétroliers, se trouve confrontée à une période délicate, amplifiée par des facteurs internationaux et nationaux. La hausse des cours mondiaux du pétrole, l’impact de l’incendie de la raffinerie nationale et l’approvisionnement exclusif par des importations ont accéléré l’augmentation des charges de l’organisme. Bien que des mesures aient été prises, telles que l’introduction de la concurrence dans l’approvisionnement du gaz domestique via des appels d’offres, elles n’ont pas suffi à contenir la montée des subventions.

La situation actuelle de la Csph soulève des inquiétudes quant à la viabilité financière à long terme et à sa capacité à maintenir ses missions de stabilisation des prix, indispensables pour la population. Les prochains développements pourraient impacter non seulement l’équilibre financier de l’entreprise, mais aussi l’accès des ménages les plus vulnérables aux produits pétroliers.

Il est crucial pour la Csph de trouver des solutions viables pour faire face à ces défis, garantissant ainsi la stabilité des prix et l’accessibilité des produits pétroliers pour l’ensemble de la population.

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