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Bilan contrasté pour le Cameroun en 2023 : attentes et désillusions à l’aube de 2024

Alors que les derniers jours de 2023 se transforment en heures, de nombreux Camerounais dressent le bilan des douze derniers mois. Pour certains, cette année a été qualifiée de sombre et peu fructueuse.

« 2023 a été une mauvaise année pour moi. Je suis agriculteur, et comme mes récoltes n’ont pas été bonnes, mes revenus annuels ont été fortement affectés », a déclaré Winifred (nom modifié pour des raisons de sécurité), habitante de Bamenda, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, à MMI.

L’expérience de Winifred en tant qu’agricultrice aurait été différente si le président Biya du Cameroun avait tenu la promesse qu’il avait faite il y a sept ans, le 11 février 2016. Le président Biya avait exhorté la jeunesse camerounaise à embrasser l’agriculture comme une « certitude » offrant des opportunités entrepreneuriales.

« Pourtant, la réalité des jeunes agriculteurs est bien différente : des défis persistants et des promesses non tenues. Malgré les plans gouvernementaux de réforme agricole et d’amélioration des infrastructures, les agriculteurs restent entravés par le manque de terres, de financement et d’accès au marché. L’essor promis tarde à se concrétiser, laissant de nombreux désabusés et abandonnant le secteur », explique un constat amer.

Cependant, la crise anglophone a été un autre point saillant de l’année. « Le Cameroun était un pays très beau avec des citoyens pacifiques et accueillants, mais pour des raisons inconnues, il est devenu hostile, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest où règne un conflit », a déclaré Nse Paul à Douala.

La crise anglophone a été dévastatrice, avec des témoignages poignants sur ses effets. « Le conflit armé dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest a coûté de nombreuses vies, entraînant une forte émigration des jeunes, notamment vers les États-Unis et Dubaï, en raison du conflit et des difficultés économiques », a témoigné anonymement un résident de Buea.

Des rapports alarmants sur les violations des droits humains par les forces de sécurité et les séparatistes ont également émergé. Le rapport du « Cameroon Anglophone Crisis Database of Atrocities » a exposé des atrocités, notamment des arrestations arbitraires, des tortures et des attaques contre des civils, commises aussi bien par les forces de sécurité camerounaises que par les séparatistes.

En dépit de ces défis, l’attente envers le discours du président Biya du 31 décembre 2023 est teintée de scepticisme. Ses précédentes déclarations n’ont pas été suivies d’actions concrètes, laissant plusieurs cités dans l’obscurité et avec un accès limité à l’eau potable.

Malgré ces difficultés, certains Camerounais gardent espoir et émettent des attentes pour l’année à venir. Ils espèrent des mesures concrètes pour résoudre les problèmes pressants du pays, de la crise anglophone à l’infrastructure déficiente, en passant par la gestion économique et la gouvernance.

Il reste à voir si le président Biya pourra répondre à ces attentes et concrétiser ses promesses en 2024 après quarante ans au pouvoir. Seul le temps pourra le dire.

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