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Affaire Martinez Zogo : un vendredi historique au Cameroun

Martinez Zogo

Que cache l’énigme sur l’ordonnance de mise en liberté ? Cette affaire a connu ce weekend des faits énigmatiques qui autorisent de douter d’une probable manifestation de la vérité dans ce dossier. Les Camerounais sont entrés dans la nouvelle année 2023 dans la douleur. Celle de l’assassinat sauvage et abject du journaliste de la station de radio Amplitude FM à Yaoundé, Martinez Zogo. L’état dans lequel son corps a été retrouvé à Mfou, une localité proche de la ville de Yaoundé, présentait selon les témoins, les marques d’une torture indescriptible et cruelle.

C’est donc surtout la barbarie avec laquelle ce journaliste a été tué qui a suscité une vague d’indignation et de condamnation. Pour marquer leur compassion à la mémoire du disparu, les médias se sont donné comme devoir de faire l’écho de l’état des enquêtes confiées à la commission mixte police-gendarmerie qui siégeait au Secrétariat d’État à la défense à Yaoundé.

Pendant plusieurs semaines, des médias avaient campé en ce lieu pour servir aux téléspectateurs, le résumé des événements au jour le jour. Cet élan ne s’est estompé que lorsque cette commission a rendu sa copie au commissaire du gouvernement et au juge d’instruction, chargé d’ouvrir l’information judiciaire. Le commissaire du gouvernement et le juge d’instruction avaient six mois pour rendre leurs conclusions et donner ainsi lieu à l’ouverture du procès.

C’est dans l’attente de ces conclusions que l’opinion publique a été surprise ce matin de vendredi 1er décembre 2023, par un document fort curieux. Celui de l’ordonnance de mise en liberté signé du juge d’instruction. Ce document a fait le tour de la toile en peu de temps. Les commentaires allaient bon train jusqu’à ce qu’en début de soirée de cette même journée de vendredi, deux autres documents ont aussi apparu sur les réseaux sociaux.

L’un signé du commissaire du gouvernement et l’autre du même juge d’instruction. Ces deux documents informaient l’opinion sur la non authenticité du document publié sur l’ordonnance de mise en liberté de Jean-Pierre Amougou Belinga et de Léopold Maxime Eko Eko. C’est dès ce moment que s’installe la confusion dans les esprits. Notamment sur la question de savoir s’il y a lieu de croire à l’authenticité d’un seul de ces documents. Étant donné qu’aucun des prétendus signataires de ces documents ne s’est pas ouvertement exprimé.

Confusion totale. Dès lors, on ne savait plus à quel saint se vouer. La confusion ne sera pas dissipée même aux termes des investigations de certains confrères menées ce même jour auprès du tribunal militaire. C’était le cas de la chaîne de télévision Canal 2 dont le reporter basé à Yaoundé, a rapporté lors du journal de 20h de ce vendredi 1er décembre, avoir reçu la confirmation de l’authenticité dudit document auprès du tribunal militaire de Yaoundé.

Il sera conforté le lendemain matin dans cette position par la sortie de Me Charles Tchoungang, un des membres du conseil de Jean-Pierre Amougou Belinga, qui affirmait mordicus l’authenticité de ce document qu’il dit avoir déchargé, rapportait-il auprès du tribunal militaire. Il faisait ces affirmations sur les antennes de Radio France internationale, RFI.

Jusqu’à dimanche dernier, c’est toujours le doute et la confusion qui prévalent. La situation restait énigmatique face au silence des personnes désignées signataires desdits documents. Un silence élargi à l’ensemble du corps judiciaire et particulièrement du commissaire du gouvernement, qui au même titre qu’un procureur de la République dans un dossier, aurait pu s’adresser à la presse pour mettre fin à cet imbroglio.

C’est en observant ce mutisme du corps judiciaire sur une affaire sur laquelle la famille de la victime en particulier et l’opinion publique en général attendent la manifestation de la vérité, qu’on se trouve en droit de se demander si l’on peut espérer une suite crédible de ce dossier. Cette confusion entretenue réconforte la thèse d’une partie de l’opinion qui estime que l’affaire Martinez Zogo est la manifestation d’une guerre de clans. Les tenants de cette thèse soutiennent que le niveau d’implication des personnalités insoupçonnées dans cette affaire rend complexe la manifestation de la vérité.

Des voix s’étaient d’ailleurs élevées à travers des médias pour dire que les véritables commanditaires de ce crime crapuleux n’ont pas encore été débusqués. Peut-on accorder du crédit à une telle assertion ? Au lieu de prendre position, il vaut mieux laisser la justice suivre son cours et espérer que la préoccupation de tous les Camerounais sur la question de savoir qui sont les commanditaires de l’assassinat de Martinez Zogo trouvera un jour réponse à travers une instruction judiciaire et un procès qui pourront se détacher de toute influence extérieure.

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